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Les pays du G7 se sont engagés à augmenter considérablement leurs dépenses de défense, soit à un niveau sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Au Canada, le discours sur la « résilience » et l’adoption d’une « approche réaliste », parfois attribuée à Thucydide et reprise par Mark Carney dans son discours à Davos, s’est traduit par un engagement transformateur : la défense au service de l’intérêt économique (« double usage »), un recrutement accru au sein des Forces armées canadiennes (FAC) et la réorientation de nos priorités en fonction de nos besoins de défense. Pourtant, tout cela s’est déroulé en grande partie sans qu’il y ait eu débat national sur ce que ce virage social, culturel et économique spectaculaire pourrait signifier pour la société canadienne : la militarisation de notre démocratie.
 
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Animatrice

Cynthia Milton est directrice du Centre for Global Studies et professeure au Département d’histoire de l’Université de Victoria. Avant de se joindre à l’Université de Victoria en 2020, elle a occupé une Chaire de recherche du Canada à l’Université de Montréal et a été boursière de la Fondation Pierre Elliott Trudeau. Ses recherches interdisciplinaires portent sur les séquelles de la violence politique et du colonialisme.

Parmi ses publications récentes figurent Royally Wronged : The Royal Society of Canada and Indigenous Peoples et How the Military Remembers: Human Rights and Countermemories in Latin America. Elle est membre de la Société royale du Canada et s’est vu décerner la Médaille du couronnement du roi Charles III.


Intervenants

Dr. Fannie Lafontaine

Fannie Lafontaine est avocate, professeure titulaire à la Faculté de droit de l’Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la justice pénale internationale et les droits fondamentaux de 2013 à 2023. Elle est directrice de projet au sein du Partenariat canadien pour la justice internationale, ainsi que fondatrice et codirectrice de la Clinique de droit international pénal et humanitaire.

Elle a œuvré au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, dans le cadre de la Commission d’enquête internationale sur le Darfour, ainsi que pour des ONG et des cabinets d’avocats. De 2015 à 2020, elle a été observatrice civile indépendante pour une enquête pénale sur des actes criminels qui auraient été commis par des membres de différentes forces de police à l’encontre des peuples autochtones du Québec (rapports publics de 2016 et 2020). Elle a été la rédactrice principale du rapport complémentaire de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées intitulé Une analyse juridique du génocide. Elle est l’auteure de Prosecuting Genocide, Crimes Against Humanity and War Crimes in Canadian Courts ainsi que de nombreuses autres publications sur le droit canadien et international.

Fannie Lafontaine est membre du Collège des nouveaux chercheurs et créateurs en art et en science de la Société royale du Canada (2017). En 2021, elle a été sélectionnée par le magazine Canadian Lawyer pour son prestigieux classement annuel des 25 avocats les plus influents du Canada. Le Partenariat canadien pour la justice internationale, qu’elle dirige, a reçu le prix Impacts du CRSH (Prix du partenariat) en 2022 et le Prix pour l’innovation de la gouverneure général en 2023.

Val Napoleon

Val Napoleon est une Crie de la Première Nation de Saulteau qui a été adoptée par la communauté Gitanyow [Gitxsan]. Elle est cofondatrice du programme Juris Doctor et Juris Indigenarum Doctor (double diplôme en droit autochtone et en droit canadien) et directrice fondatrice de l’Indigenous Law Research Unit (Unité de recherche en droit autochtone). Elle est la responsable universitaire de l’initiative nationale majeure Next Steps Rebuilding Indigenous Legal Orders (Prochaines étapes : Reconstruire les ordres juridiques autochtones). Val Napoleon mène des recherches et publie des travaux sur les traditions et méthodologies juridiques autochtones (notamment en matière de terres, d’eaux, de gouvernance, de violences sexistes, de droits de la personne, de pédagogies et de familles), les théories juridiques autochtones, le droit intersociétal, les féminismes autochtones, le pluralisme juridique, les démocraties et sociétés civiles autochtones, ainsi que la propriété intellectuelle autochtone. Elle est professeure et ancienne doyenne par intérim (Faculté de droit), et enseigne le droit des biens canadien et gitxsan.

Honourable Yuen Pau Woo

Nommé au Sénat du Canada en novembre 2016, l’honorable Yuen Pau Woo siège comme indépendant représentant la Colombie-Britannique. Il a occupé le poste de Facilitateur du Groupe des sénateurs indépendants de 2017 à 2021.

Le sénateur Woo travaille depuis plus de 30 ans sur des questions de politiques publiques liées aux relations du Canada avec les pays asiatiques. De 2005 à 2014, il a été président-directeur général de la Fondation Asie Pacifique du Canada; durant cette période, il a également siégé au Comité permanent du Conseil de coopération économique du Pacifique (PECC) et présidé la rédaction du rapport du PECC sur l’état de la situation de la région. Il est chercheur principal à la Graduate School of Business de l’Université Simon Fraser et membre de la Commission trilatérale. Il siège de plus aux conseils consultatifs du Mosaic Institute et de la Fondation Ditchley du Canada.

Le sénateur Woo est coprésident du Comité mixte permanent d’examen de la réglementation et membre des comités permanents suivants du Sénat : Affaires étrangères et commerce international; Banques, commerce et affaires; et Règlement, procédure et droits du Parlement.

Major-général Michel-Henri St-Louis

Le major-général à la retraite Michel-Henri St-Louis est un haut gradé, décoré à de nombreuses reprises, de l’infanterie du Royal 22e Régiment. Il a récemment pris sa retraite, réintégrant la vie civile après une carrière qui a marqué la politique de défense canadienne, la coopération militaire internationale et les opérations de coalition sur plusieurs théâtres d’opérations. Parmi ses dernières fonctions en uniforme, il a occupé le poste de directeur général de la planification de la défense du Canada, jetant les bases du futur développement stratégique des forces et de la préparation de la défense nationale, ainsi que le poste d’attaché de défense du Canada aux États-Unis, représentant les intérêts militaires du Canada aux plus hauts niveaux diplomatiques et intergouvernementaux.

Auparavant, il a occupé plusieurs des postes de commandement les plus importants de l’Armée canadienne, notamment celui de commandant par intérim de l’Armée canadienne et de commandant du Centre de doctrine et d’entraînement de l’Armée canadienne chargé de l’ensemble de la formation, de la doctrine et de l’enseignement militaire professionnel de l’Armée. Pendant plus de trois décennies, il s’est distingué aux niveaux tactique, opérationnel, stratégique et géopolitique, contribuant directement aux opérations militaires du Canada tant sur le territoire national qu’à l’étranger. Il a également participé à six missions importantes à l’étranger, son expérience opérationnelle s’étendant à la Bosnie-Herzégovine, à la Croatie, à l’Afghanistan, au Koweït, au Liban, à la Jordanie et à l’Irak. Sur le territoire national, il a dirigé et soutenu de nombreuses opérations nationales. Il a effectué trois séjours aux États-Unis, renforçant la collaboration bilatérale en matière de défense entre le Canada et son allié le plus important.