Les jeunes trans et non-binaires (TNB) au Canada sont confronté·e·s à des niveaux élevés de détresse psychologique, de discrimination et de stress minoritaire. Iels font néanmoins preuve d’une résilience remarquable lorsqu’iels évoluent dans des environnements bienveillants. Ce rapport synthétise les recherches actuelles sur les jeunes TNB dans divers domaines : le droit et les politiques publiques, le stress minoritaire, la santé mentale, les soins médicaux d’affirmation de genre (SMAG), ainsi que les environnements familiaux et scolaires. Il vise à offrir un portrait global des défis auxquels ces jeunes font face, ainsi que des conditions qui leur permettent de s’épanouir.
Les recherches indiquent que les jeunes TNB sont touché·e·s de manière disproportionnée par des problèmes de santé mentale, notamment des niveaux élevés d’anxiété, de dépression et d’idéations suicidaires. Ces disparités ne sont pas inhérentes à la diversité de genre, mais résultent principalement de facteurs externes, tels que la stigmatisation, la discrimination et des environnements sociaux hostiles, comme l’intimidation en milieu scolaire. Lorsque les jeunes TNB reçoivent le soutien de leur famille, de leurs prestataires de soins et de leurs établissements scolaires, ces disparités diminuent considérablement.
Les études sur les soins médicaux d’affirmation de genre (SMAG) suggèrent que les personnes qui en ont besoin peuvent bénéficier de l’accès aux bloqueurs de puberté, à l’hormonothérapie et aux traitements connexes. Il a été démontré que ces interventions améliorent la santé mentale et le bien-être général, sans effets indésirables rapportés dans les données disponibles. Certain·e·s préconisent de restreindre l’accès à ces soins dans l’attente de recherches répondant à des critères méthodologiques plus rigoureux. Les expert·e·s soulignent toutefois que de tels critères sont souvent difficiles à appliquer, voire contraires à l’éthique dans ce contexte. Un nombre important d’études — des études d’observation longitudinales aux recherches qualitatives — démontre les bénéfices associés aux soins d’affirmation de genre.
La famille joue également un rôle déterminant. Le soutien parental, notamment, s’est révélé être l’un des facteurs de protection les plus puissants pour les jeunes TNB. Par ailleurs, les établissements scolaires, en particulier le personnel de soutien et les pairs, jouent un rôle crucial dans le bien-être des élèves TNB. Les politiques favorisant l’inclusivité de genre, la présence d’un personnel bienveillant, des programmes d’études inclusifs et un climat scolaire sécuritaire sont autant d’éléments essentiels pour réduire les risques et favoriser un sentiment d’appartenance.
Les données disponibles ne laissent aucun doute : les jeunes TNB s’épanouissent dans des milieux bienveillants, bien outillés et accueillants. Le rapport se conclut par une série de recommandations adaptées à l’intention des familles, des professionnel·le·s, des chercheur·e·s et des décideur·se·s. Ces recommandations visent à réduire les disparités, à améliorer le bien-être mental et à garantir que les jeunes TNB partout au Canada puissent évoluer en toute sécurité, dans la dignité, et bénéficier d’opportunités dans tous les domaines de la vie.
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Auteurs (Par ordre alphabétique)
- Emmanuelle Bernheim, Collège de la SRC, Université d’Ottawa
- Marie-Claude Geoffroy, Collège de la SRC, Université McGill et Douglas institut universitaire en santé mentale
- Robert C. Mizzi, Collège de la SRC, University of Manitoba
- Annie Pullen Sansfaçon, Collège de la SRC, Université de Montréal
- Anna Weinberg, Collège de la SRC, Université McGill
Pairs examinateurs
- Nicholas Chadi, Université de Montréal
- TJ (Travis) Salway, Simon Fraser University
Pour de plus amples informations : Paige Beveridge, Gestionnaire, Communications, La Société royale du Canada, (613) 991-6990, pbeveridge@rsc-src.ca.