Août 2015

Message du Président

Médaille Willet G. Miller de la Société royale du Canada - Michael Dence, MSRC, Conseil national de recherches et Lawrence Mysak, MSRC, McGill University

Candidatures de scientifiques francophones et de scientifiques féminines de haut niveau - Jacques Derome, MSRC, McGill University et Keith Hipel, MSRC, University of Waterloo

Qui parle au nom de  la science et  la technologie au Canada?  L’expérience du PFST - Rees Kassen, University of Ottawa

Message du Président

Keith HipelChers collègues,

Je suis sûr que vous avez pris le temps de vous détendre et de profiter de ce court été canadien avec votre famille et vos amis, et que vous avez rechargé vos « batteries psychologiques ». Cet automne nous aurons tous de nombreuses tâches à accomplir sur le plan tant professionnel que personnel, et nous devrons le faire de façon proactive. Aller voter lors de la prochaine élection fédérale le 19 octobre 2015 est l’une des choses que nous aurons à faire. Je vous invite à voter pour le parti qui pourra le mieux nous aider à remplir la mission de la Société royale du Canada (SRC), de façon à ce que l’ensemble de la société canadienne en profite.

La SRC a trois mandats principaux : Reconnaître l’excellence académique et artistique, Promouvoir la recherche et l’apprentissage et Conseiller tous les acteurs de la société canadienne sur des sujets d’intérêt public. J’ai le plaisir de vous informer que votre Académie continue à accomplir des progrès sur tous ces fronts grâce au dévouement d’un grand nombre de nos chers collègues.

Sur le plan de la reconnaissance, être élu membre de la SRC est sans aucun doute l’une des distinctions les plus prestigieuses qu’un scientifique canadien peut recevoir au cours de sa carrière. Je suis heureux de vous annoncer que le nombre de membres féminins et francophones élus cette année a considérablement augmenté. Comme Jacques Derome, notre Secrétaire d’Académie, et moi-même, l’expliquons dans un article publié dans ce bulletin d’information, cette augmentation notable est le fruit de mesures proactives prises par notre Académie, ainsi que du travail acharné d’individus et de membres institutionnels qui ont sélectionné des candidats méritants, notamment des femmes et des francophones. J’aimerais remercier tous ceux qui ont pris le temps de sélectionner des candidats remarquables. Je vous encourage à faire de même cette année encore. Merci bien.

Toujours sur le plan de la reconnaissance, la SRC décerne un éventail de grandes médailles couvrant les disciplines de notre Académie. J’ai le plaisir de vous informer que la prestigieuse Médaille Willet G. Miller a été rétablie, et couvre désormais tous les domaines relevant de notre Division des sciences de la terre, de l'océan et de l'atmosphère de l’Académie. Michael Dence et Lawrence Mysak nous expliquent l’histoire, l’importance et l’objectif de la Médaille Miller dans un article du présent bulletin d’information. Je voudrais également exprimer ma sincère gratitude à Michael et Lawrence pour avoir mené cette initiative opportune, ainsi qu’à Jacques Derome, notre représentant au sein du Comité des distinctions et de la reconnaissance de la SRC, pour ses conseils avisés et son soutien. J’espère que vous envisagerez sérieusement de sélectionner des candidats qualifiés à la Médaille Miller et à d’autres médailles de la SRC.

Sur le plan de la promotion, notre Académie fait des progrès. Je suis heureux d’annoncer que le Partenariat en faveur des sciences et de la technologie (PFST) est désormais installé à l’Académie des sciences. Comme l’explique le rapport de ce bulletin sur le PFST, les membres du PFST ont uni leurs efforts « pour représenter le milieu canadien des sciences et du génie auprès du gouvernement du Canada et faire progresser la recherche et l’innovation, à l’avantage des Canadiens et des Canadiennes. ». Parmi son éventail d’activités, le PFST accomplit un incroyable travail de sensibilisation au Canada. Le 23 avril dernier, j’ai participé au « Petit déjeuner avec des têtes à Papineau » organisé sur la Colline du Parlement, au cours duquel notre collègue Gerry Wright a donné une présentation captivante sur le thème « Les antibiotiques en crise ». Nombre de députés et de sénateurs étaient au rendez-vous. Je souhaite féliciter Rees Kassen, le nouveau président du PFST, et remercier Martha Guy, l’ex-présidente, pour son travail exemplaire, ainsi que Donna Boag, directrice du PFST, et les nombreux membres du PFST pour leurs contributions continues à la réalisation du mandat du PFST.

Le PFST est l’un des moyens par lesquels l’Académie des sciences s’efforce de renforcer ses liens avec le gouvernement, de façon à ce que les Canadiens puissent bénéficier plus directement de l’expertise des membres de la SRC. Comme le précise un article paru dans l’édition de l’été 2014 du bulletin, intitulé « Académies scientifiques au Japon et en Chine : Leçons tirées et possibilités de coopération », les académies du Japon ont des liens puissants et directs avec les centres du pouvoir politique, disposent des fonds nécessaires pour traiter des problèmes d’intérêt national et sont hautement respectées par la société. Le 26 février dernier, j’ai rendu une visite de courtoisie à la Royal Society, basée à Carlton House Terrace, dans le centre de Londres. La Royal Society bénéficie des fonds nécessaires pour traiter des problèmes d’intérêt national, publie sans interruption la plus ancienne revue au monde (Philosophical Transactions, depuis 1665) et est hautement estimée à la fois en Grande-Bretagne et dans le monde. Ses archives contiennent les ouvrages d’origine de nombreux scientifiques célèbres, tels que Principia Mathematica d’Isaac Newton

J’espère sincèrement que nous serons en mesure de développer des liens plus étroits avec nos gouvernements fédéraux et provinciaux au Canada afin de mieux financer les groupes d’experts, l’un de nos nombreux mécanismes de conseil, en vue d’améliorer la vie des Canadiens. Les chercheurs canadiens sont parmi les meilleurs au monde, mais leurs contributions académiques de qualité ne se traduisent pas en avantages économiques pour les Canadiens, notamment en raison des liens insuffisants que nous entretenons avec le gouvernement et d’autres segments de la société. Néanmoins, je suis heureux d’annoncer que sous la direction de David Layzell, le président du Comité des groupes d’experts de la SRC, nous réalisons d’importants progrès en matière de production de rapports de haute qualité. Par exemple, le rapport intitulé « Le comportement et les incidences environnementales d’un déversement de pétrole brut dans des milieux aqueux » devrait être publié cet automne. De même, le Conseil des académies canadiennes (CAC - dont la SRC est un des trois organismes membres) devrait faire paraître cet automne le rapport de groupe d’experts financé par Magna International intitulé « Opter pour un système énergétique à faible taux d’émission au Canada : synthèse des choix technologiques et politiques », dont je suis le co-président.

Le Canada se trouve à un tournant décisif de son histoire et doit prendre des décisions éclairées afin d’assurer sa prospérité et sa durabilité à long terme. À travers les groupes d’experts et d’autres mécanismes, les Canadiens bénéficient d’un accès direct à des avis d’experts comme vous, désireux de consacrer leur temps, leur expertise et leur expérience à l’amélioration de notre magnifique pays. Je vous invite vivement à renseigner vos candidats à l’élection sur l’importance de la science et du génie dans la création de richesse et de possibilités d’emplois véritables au Canada, ainsi que sur l’exploitation des capacités incroyables de nos meilleurs chercheurs pour que cela devienne une réalité.

Il me tarde de vous rencontrer en personne lors de notre assemblée générale annuelle, qui aura lieu dans la superbe ville de Victoria, en Colombie-Britannique, du 26 au 29 novembre. Le colloque 2015 portera sur le thème « La biodiversité marine au Canada : ressources indispensables, possibilités sans précédent, responsabilités sans équivoque ». Jeff Hutchings, qui a présidé un comité d’experts sur un sujet semblable, présidera ce colloque avec mon aide et celle d’Amelia Zaglul du Secrétariat de la SRC.

Pour conclure, j’aimerais exprimer ma sincère gratitude à tous les membres de notre Académie qui ont généreusement donné de leur temps pour contribuer à ses nombreuses activités en cours, ainsi que pour lancer de nouvelles initiatives. Si vous croisez ces personnes à Victoria (les directeurs de nos quatre divisions, le secrétaire de l’Académie ou encore le directeur des publications de l’Académie, par exemple), n’hésitez pas à leur transmettre vos remerciements. 

Comme vous le savez, notre directeur des publications de l’Académie, Andrew Miall, a accompli un travail remarquable. Andrew a publié une série de bulletins d’information renfermant un vaste éventail d’articles scientifiques des plus intéressants. Parce qu’il a beaucoup voyagé au cours de cet été 2015, Andrew m’a invité à être le rédacteur invité de cette édition spéciale de notre bulletin d’information. Je tiens à remercier Russel MacDonald de la Maison Walter, qui a gentiment géré le processus de publication. Je suis persuadé que vous prendrez plaisir à lire les articles rédigés par vos collègues sur les trois principales initiatives de l’Académie des sciences.

Une fois mon mandat de Président terminé en novembre 2015, j’espère continuer à vous servir en tant qu’ancien président sous la direction éclairée de notre président élu, Jamal Deen.

Je vous souhaite beaucoup de succès et de satisfaction. 

Keith Hipel, Président de l’Académie des sciences, août 2015

 

Médaille Willet G. Miller de la Société royale du Canada - Michael Dence, MSRC, Conseil national de recherches et Lawrence Mysak, MSRC, McGill University

Michael DenceLawrence MysakL’Académie des sciences de la Société royale du Canada est heureuse d’annoncer que, suite à une courte interruption, due en partie à des pressions budgétaires, la médaille Willet G. Miller a été rétablie. En réinstaurant cette distinction, la Société reconnaît que les sciences de la Terre ont connu d’importants changements ces dernières années. À l’origine, la Médaille Miller récompensait les travaux relatifs à la cartographie, à la compréhension et à l’exploitation de la croûte terrestre. Aujourd’hui, nombre de recherches sont menées dans le domaine des fluides terrestres et dans diverses branches de la science planétaire. Ces changements se traduisent dans les travaux réalisés par les membres récemment élus. Par conséquent, il a été convenu d’étendre le champ d’application de la Médaille Miller. Ainsi, la médaille est décernée « ... en reconnaissance de recherches exceptionnelles dans toutes les disciplines de la Division des sciences de la terre, de l’océan et de l’atmosphère de l’Académie des sciences de la Société royale du Canada ». 

La Médaille Miller a été créée en 1941 à l’aide de fonds rassemblés par douze amis en l’honneur de Willet G. Miller (1867-1925), éminent géologue et véritable fer de lance du développement de l’industrie minière en Ontario. La médaille, visant à honorer les réalisations à long terme, est décernée tous les deux ans depuis 1943 pour des recherches remarquables dans une branche des sciences de la Terre. Sans surprise, la plupart des lauréats ont été ou sont devenus membres de la SRC et constituent le groupe de spécialistes canadiens des sciences de la Terre les plus influents de ces 70 dernières années. Parmi eux : Norman L. Bowen, J. Tuzo Wilson, Robert E. Folinsbee, J. Ross Mackay et William S. Fyfe.  

La médaille est la plus ancienne distinction de la SRC, après la Médaille Flavelle en sciences biologiques (1924), la Médaille Lorne Pierce en littérature anglophone ou francophone (1926) et la Médaille Joseph B. Tyrrell en histoire (1927). La Médaille H. Marshall Tory en mathématiques et sciences physiques a également été instaurée en 1941. La Société a ensuite créé deux autres médailles, la Médaille Pierre-Chaveau en sciences humaines autres que la littérature (1951) et la Médaille Innis-Gérin en sciences sociales (1966). Ces sept médailles sont devenues connues sous le nom de « Distinctions groupées » et sont décernées tous les deux ans à des candidats qualifiés.     

Si la Médaille Miller demeure la plus ancienne distinction de la Société dans le domaine des sciences de la Terre, d’autres prix couvrent également certains aspects de la discipline. La Bourse Bancroft a été instaurée en 1968 par J. A. Bancroft en l’honneur de son défunt mari. Elle est décernée en reconnaissance de contributions exceptionnelles à la sensibilisation du public aux sciences de la Terre. La prise de conscience croissante vis-à-vis des problématiques environnementales mondiales est reconnue en 1994 par l’instauration de la médaille Miroslaw Romanowski et d’une série de conférences, rendues possibles par un legs provenant de la succession Romanowski.

Comme ce fut le cas pour les autres distinctions groupées, la Médaille Miller a été créée avec une modeste dotation initiale, à laquelle se sont ajoutés au fil des ans des transferts du Fonds général de la Société au Fonds de fiducie des distinctions, généralement à la suite d’un vote pris en Assemblée générale annuelle. Selon le Trésorier honoraire, la dotation actuelle de la Médaille Miller s’élève à environ 43 000 $. Les coûts administratifs et autres associés à la remise biennale de la médaille varient de 2000 $ à 3000 $ par année, ce qui comprend la frappe de la médaille par la Monnaie royale. Afin de s’assurer que la dotation de la médaille reste solvable, il serait souhaitable que le fonds soit augmenté. Dans cette optique, des discussions sont en cours avec d’autres organismes. La Fédération canadienne des sciences de la terre nous a été d’un grand soutien et le Prof. Scott Swinden, son Président, s’est révélé une aide précieuse pour l’obtention d’une subvention de 1000 $ provenant du fonds d’exploitation de la FCST. En outre, 2000 $ ont été reçus de la Canada Prize Awards Foundation. D’autres sources possibles de financement sont actuellement à l’étude.

Nous espérons que l’ajout de ces fonds supplémentaires cette année fera en sorte que la Société accepte de réinstaurer en 2016 cette Médaille en honorant, pour une année seulement, deux scientifiques, l’un dans le domaine de la croûte terrestre et l’autre dans celui des fluides terrestres. Bien entendu, cela ne sera possible que s’il y a un nombre suffisant de bons candidats admissibles. Le succès des distinctions est intrinsèquement lié à l’enthousiasme et au dévouement des personnes chargées de sélectionner des candidats méritants. Trop souvent, la réponse est en deçà des attentes. C’est pourquoi l’Académie cherche à accroître le nombre de candidatures à cette distinction prestigieuse.   

La Société ajoutera prochainement sur son site Web les règles de mise en candidature pour la Médaille Miller. La procédure sera semblable à celles des autres médailles : courte notice académique, résumé plus étoffé des réalisations du candidat, C.V. détaillé et lettres de référents qualifiés. Le parrain principal doit être membre ou membre institutionnel de la SRC. La période de mise en candidature s’étend du 1er octobre au 1er mars. De plus amples détails seront disponibles sur le site Web de la SRC, mais n’hésitez pas à commencer à préparer des dossiers en prévision d’un éventuel appel à candidatures. 

 

Candidatures de scientifiques francophones et de scientifiques féminines de haut niveau - Jacques Derome, MSRC, McGill University et Keith Hipel, MSRC, University of Waterloo

Jacques DeromeChers/chères membres de l’Académie des sciences

Les francophones et les femmes sont sous-représentés au sein de l’Académie des sciences du Canada, un déséquilibre que nous souhaitons vivement voir corrigé. Les statistiques démontrent que la source du déséquilibre est liée au nombre de candidatures, qui est beaucoup trop faible, et non au taux de succès. Nous venons donc solliciter votre aide pour faire en sorte que plus de scientifiques francophones et de femmes soient proposés comme nouveaux membres de l’Académie. L’an passé nous vous avons fait parvenir un message semblable par courriel, et nous avons été ravis de voir à l’automne dernier une augmentation substantielle des candidatures féminines et francophones. Aussi, le pourcentage de femmes parmi nos nouveaux membres est de 15% cette année (comparativement à 7% l’an dernier) et les Francophones représentent 17% des nouveaux membres (5% l’an dernier), sûrement un encouragement à continuer nos efforts.

Nous invitons donc tous les membres de l’Académie des sciences à soumettre des candidatures de collègues dont les réalisations scientifiques méritent d’être reconnues, et de s’assurer que les noms de scientifiques francophones et de scientifiques féminines ne soient pas oubliés. Bien sûr nous sollicitons toutes les candidatures de haut niveau scientifique, indépendamment de toute autre considération.

Finalement, notre invitation à soumettre plus de candidatures, en particulier francophones et féminines, s’applique aussi aux prix et médailles offerts par l’Académie. Il y a probablement dans votre entourages des collègues qui feraient des candidat(e)s de tout premier rang – que diriez-vous de soumettre leurs candidatures?

Les procédures à suivre pour soumettre des candidatures sont disponibles sur le site web de la Société

Nous comptons sur votre collaboration et vous en remercions.

 

Qui parle au nom de  la science et  la technologie au Canada?  L’expérience du PFST - Rees Kassen, University of Ottawa

Rees KassenParmi tous les soucis  qui existent avant une élection, il est clair que cette année, les membres de l’Académie des Sciences font face à  un dilemme en ce qui concerne l’état des sciences et de la technologie au Canada. Il existe un sentiment au sein de l’Académie des Sciences et de ses membres que nos élus parlementaires ont peu de respect pour  la science et le génie dans ce pays.

Un des problèmes souvent mentionné est le manque d’expérience en science et technologie au sein de nos élus  parlementaires.  En fait, parmi les 308 membres élus au dernier parlement, seulement 17 avaient un diplôme en sciences naturelles, génie, ou sciences de la santé. Si nous nous basons sur le nombre de diplômes obtenus dans ces champs d’étude à l’échelle nationale, le nombre d’élus devrait être beaucoup plus élevé, soit 98 pour être plus précis.

Il est tentant, surtout pendant cette période électorale, d’essayer de résoudre le problème en faisant élire des gens ayant une formation en science et en technologie. Cela n’est toutefois pas une garantie car les membres du parlement passent plus de la moitié de leur temps à s’occuper de problèmes spécifiques à leur circonscription, en plus de leurs tâches administratives. Tenant compte qu’ils passent beaucoup de temps à voyager entre leurs circonscriptions et Ottawa, ils ont peu de temps à dédier aux problèmes de nature scientifique ou autre.

Une autre approche est donc nécessaire. Pour débuter, nous devons reconnaître  que la plupart des décideurs politiques, même s‘ils n’ont pas une formation en sciences ou en génie, sont des gens intelligents qui ont un horaire limité. Notre travail est donc de les aider à comprendre l’importance de la recherche scientifique et technologique dans un contexte économique, social et environnemental au Canada.

C’est en fait la mission du Partenariat en  Faveur des Sciences et de la Technologie (PFST, http://www.pagse.org/fr/main.htm), lequel a été crée en 1995 à l’invitation  de la Société Royale du Canada (SRC). Le PFST est une coopérative qui regroupe entre 50 000 et 60 000 individus travaillant dans l’industrie, le milieu universitaire et le gouvernement. La mission du PFST est de fournir au gouvernement fédéral une opinion consensuelle de l’état de la recherche scientifique et technologique au Canada.

Le PFST vise à améliorer le dialogue entre la communauté scientifique et les décideurs politiques. L’activité la plus importante est le sommaire présenté  au Comité permanent des Finances de la Chambre des Communes.  Notre but n’est pas de faire pression au nom de divers groupes, mais bien d’expliquer aux législateurs comment les investissements en sciences et génie peuvent  mieux servir notre pays. Afin d’atteindre ce but, nous sollicitons des idées des sociétés membres et nous communiquons avec les dirigeants de la communauté scientifique, tel les présidents des trois organismes subventionnaires au Canada (CRSNG, CRSH et IRSC).

Nous avons aussi deux projets éducatifs. Le petit-déjeuner avec des Têtes à Papineau est une série de séminaires donnés par des chefs de file en science et  génie au Canada aux parlementaires et leur entourage, aux journalistes et aux bureaucrates.  Nous travaillons ardument à identifier d’excellents chercheurs qui sont aussi des communicateurs exceptionnels, lesquels peuvent discuter de sujets pertinents pour la politique et la gestion du pays. Les présentations se font lors d’un petit-déjeuner avant que les politiciens et leur entourage débutent leur journée de travail. Il y a amplement de temps pour des discussions informelles après la présentation.  Le petit-déjeuner avec des Têtes à Papineau permet donc aux parlementaires et aux chercheurs d’inter-réagir dans une atmosphère non-politique.

Le second projet Science Pages présente un sommaire de quatre pages sur des sujets d’actualité centrés sur les sciences et le génie.  Chaque numéro est préparé par une équipe de trois internes provenant de domaines scientifiques, politiques et de communication. Chaque numéro est évalué par des experts dans les domaines techniques et politiques . Chaque publication est distribuée aux parlementaires et aux sénateurs et est aussi disponible gratuitement sur le site http://sciencepages.ca/fr/.

Le PFST a eu un impact sur la recherche dans notre pays. Alors qu’il demeure quasiment impossible de connaître les détails des décisions gouvernementales, il est intéressant de noter que les recommandations du PFST ont été en phase avec les actions du gouvernement. Comme exemples, nous citons la création de la Fondation Canadienne pour l’Innovation en 1997, le programme de bourses postdoctorales Banting en 2010 et l’augmentation du support financier aux organismes subventionnaires en 2014.

Un ingrédient clé du succès du PFST est que plusieurs sociétés membres travaillent à l’unisson et parlent une langue commune. Cette langue commune supportée par  diverses communautés permet au PFST d’avoir une image crédible face aux décideurs politiques. Notre but est d’aider le gouvernement à améliorer le climat d’entente entre les divers groupes impliqués dans la recherche, l’innovation et les décisions fondées sur des preuves, et ce au nom des Canadiens et Canadiennes. Le PFST ne critique jamais et ne fait aucune pression, il n’en demeure pas moins difficile de ne pas confondre opinion consensuelle et pression (lobbying). 

Un autre aspect très important du succès du PFST est Mme Donna Boag, laquelle coordonne  toutes nos activités, incluant le petit-déjeuner  avec des têtes à Papineau. Elle connaît tous les parlementaires par leur nom et elle peut vous dire qui et combien de personnes sont venues assister aux petit-déjeuners. Elle comprend aussi  parfaitement le fonctionnement de l’administration  parlementaire. Le PFST serait beaucoup moins efficace sans l’expertise, les connaissances et le professionnalisme  de Mme Boag. Merci Donna pour tout ce que vous faites.

J’aimerais aussi remercier Martha Guy qui a dirigé le PFST depuis 3 ans. Merci Martha  pour votre engagement envers la science et la technologie  dans notre pays. Ayant déjà  été directeur du PFST de 2009 à 2012, je reprends les rennes en tant que directeur par intérim jusqu’à ce qu’un nouveau directeur soit identifié.  

Le PFST opère au sein d’un environnement politique qui inclut de plus en plus un fort engagement de la part de la communauté scientifique. Il s’agit d’une bonne nouvelle. Ma priorité en tant que directeur du PFST est de m’assurer que le PFST continue  d’être une voix respectée auprès des décideurs politiques en ce qui a trait à la science et la technologie. Le défi de la communauté sera de trouver un équilibre entre ces deux approches afin de retenir l’attention du gouvernement.