Histoire

Bref historique de la SRC

Fondation

À la fin des années 1870, le Marquis de Lorne, alors Gouverneur général du Canada, détermine que le Canada doit se doter d’une institution culturelle pour favoriser son développement. En 1883, la Société royale du Canada (SRC) reçoit sa charte royale. Depuis, les gouverneurs généraux successifs sont toujours demeurés étroitement engagés dans les affaires de la Société. L’une des fonctions du président de la SRC est de siéger au Conseil consultatif responsable des nominations à l’Ordre du Canada.

Les textes fondateurs de la SRC décrivent sa mission comme suit :

La Société a pour objectif de promouvoir l’acquisition du savoir et les réalisations intellectuelles de qualité exceptionnelle. Elle reconnaît les contributions remarquables dans le domaine des arts, des lettres, des sciences et de la vie publique au Canada. -Statut 3.1 de la Société royale du Canada

La SRC a été établie selon le modèle de la Royal Society of London, enrichi du volet de la littérature et d’autres éléments importants inspirés de l’Institut de France. À l’instar de ces deux organismes, le nombre de membres, désignés par élection, était limité. À l’origine, la SRC était divisée en quatre sections de 20 membres chacune. Il s’agissait de (1) Littérature française, Histoire, Archéologie; (2) English Literature, History, Archaeology; (3) Mathématiques, Sciences physiques et chimiques; et (4) Sciences de la terre et Sciences biologiques. Parmi les membres fondateurs de la Société royale du Canada, on trouve sir Sanford Fleming, à l’origine du système des fuseaux horaires, et sir William Osler, l’un des plus grands médecins de son temps. Ces membres étaient nommés par un comité coprésidé par sir John William Dawson, recteur de l’Université McGill, et Pierre J.O. Chauveau, ancien premier ministre du Québec, respectivement premier et deuxième président de la SRC.

Loi de constitution en corporation (Lien externe)

Développement

Avec l’essor de l’érudition et de la recherche au Canada, la SRC a pris de l’expansion. En l’espace de 30 ans, le nombre de membres a doublé, les sections consacrées aux sciences ayant connu l’augmentation la plus rapide. Afin de soutenir cette croissance, on a ajouté une cinquième section, réservée aux sciences biologiques, en 1918.

Dès 1908, on avait reconnu la popularité grandissante des sciences sociales. Mais c’est en 1941 que la SRC leur a fait une véritable place en élargissant le mandat de la Section II (et plus tard de la Section I) de manière à y intégrer les spécialistes en sciences sociales, toujours plus nombreux.

Après la Seconde Guerre mondiale, la croissance de la SRC s’est encore accrue. Vers le milieu des années 1950, la Société comptait plus de 500 membres. Près de 70 % d’entre eux œuvraient dans le domaine des sciences naturelles. En 1961, les trois sections liées aux sciences naturelles ont été regroupées pour former la Section III, déclinée en huit divisions disciplinaires. En 1970, on a ajouté la division des sciences appliquées; en 1974, les sciences médicales ont porté le nombre de divisions à 10.

C’est au cours de cette même année que la Société royale du Canada a été réorganisée sous la forme qu’on lui connaît aujourd’hui. Ainsi, la Section I est devenue l’Académie I – l’Académie des arts, des lettres et des sciences humaines – Académie francophone. La Section II est devenue l’Academy II – l’Academy of Social Sciences – Académie anglophone. La Section III est devenue l’Académie III – l’Academy of Science / l’Académie des sciences. Les divisions de cette dernière Académie ont par la suite été regroupées dans les quatre divisions actuelles : Sciences appliquées et génie (SAG); Sciences de la terre, de l’océan et de l’atmosphère (STOA); Mathématiques et sciences physiques (MSP); et Sciences de la vie (SV).

Modernisation

La dernière phase de restructuration a eu lieu en 2005, lorsque les Académies I et II ont été réorganisées en académies bilingues, sectorisées selon les disciplines plutôt que selon la langue.

La SRC est donc aujourd’hui constituée de trois académies. L’Académie I, l’Académie des arts, des lettres et des sciences humaines, comporte trois divisions : une division anglophone (I), une division francophone (II) et une division bilingue consacrée aux arts (architecture, création littéraire et arts).

L’Académie II, l’Académie des sciences sociales, comporte deux divisions : une division anglophone (I) et une division francophone (II).

L’Académie III, l’Académie des sciences, comporte quatre divisions : SAG, STOA, MSP et SV. Celles-ci sont toutes bilingues.

Au total, la SRC élit environ 75 membres par année. De plus, elle accueille annuellement jusqu’à 6 membres élus à titre spécial pour leur contribution aux objectifs de la Société autrement que par des activités universitaires et la recherche, en plus d’un certain nombre de membres étrangers.

La Société royale du Canada est dirigée par un conseil de 19 membres ainsi que par un comité consultatif de 9 membres. Son financement provient essentiellement de trois sources : droits d’adhésion des membres, contributions de 42 universités canadiennes et soutien financier du secteur privé.

Dans la poursuite de ses trois objectifs – reconnaître, conseiller et promouvoir –, la SRC organise des activités de base et propose des nouveaux programmes. Ainsi, elle reconnaît l’excellence principalement en élisant des membres et en attribuant des distinctions, elle conseille les gouvernements et les organisations en produisant des rapports d’experts interdisciplinaires sur des questions du plus haut intérêt national et elle promeut la culture canadienne en assurant une présence dans les organismes multilatéraux de même qu’en organisant des échanges de conférenciers avec des académies et des universités à l’étranger.