Présidente de la SRC

Maryse Lassonde - Présidente (2015-2017)

Maryse Lassonde

Voici mon dernier message en tant que Présidente de la Société Royale du Canada. Avant de passer le flambeau au président élu, Chad Gaffield, en novembre prochain, j’ai cru qu’il serait de mise de faire un court bilan de ces deux années de ma présidence.

Le début de mon mandat a été marqué par une certaine turbulence interne. Après le départ de notre Directeur général un an avant mon arrivée officielle, nous avons dû procéder au recrutement d’une nouvelle personne qui n’est restée parmi nous que durant quelques mois. Fort heureusement, le retour de Darren Gilmour à la direction a favorisé la stabilisation du personnel en place et ensemble, Darren et moi avons pu donner suite aux recommandations du rapport de PWH concernant la SRC. Ainsi, des comités statutaires ont été constitués (finances/audit ; gouvernance/éthique ; relations humaines) et les réunions du Conseil ont été graduellement modifiées afin que celui-ci puisse s’impliquer davantage dans les décisions stratégiques liées à l’avenir de la SRC. Grâce aux généreux conseils d’Elvio Buono, Vice-Recteur associé, Ressources humaines, à l’Université d’Ottawa, nous avons pu rationnaliser et mieux définir le rôle et les fonctions du personnel de la SRC. Enfin, les rénovations de la Maison Walter, ont pu être terminées et « notre maison » a pu ouvrir ses portes aux membres institutionnels et à la communauté en mai 2016.

Parmi les défis de mon mandat, il convient de rappeler la définition de notre relation avec le Conseil des Académies Canadiennes (CAC). L’historique de cette relation avait été marqué par certaines difficultés, liées entre autres au fait que la SRC avait été l’initiatrice des démarches ayant mené à la création éventuelle du CAC. Après plusieurs discussions et échanges internes, notamment avec les membres de la SRC ayant assisté à la création du CAC, et avec les autres Membres fondateurs du CAC, soit l’Académie Canadienne du Génie et l’Académie canadienne des sciences de la Santé, le Conseil a finalement entériné l’entente qui lie la SRC au Conseil des Académies Canadiennes. Ces diverses discussions ont pu mener à une bonification de nos rapports avec les deux autres Académies et je souhaite sincèrement que ces relations continuent de progresser par des rencontres régulières entre les présidents des Académies. Je salue en passant l’excellent travail effectué par Carol Herbert qui vient de quitter la présidence de l’Académie des Sciences de la Santé.

Sur le plan international, toujours en collaboration avec notre Secrétaire aux affaires étrangères, Jeremy McNeil, la SRC a pu ré-affirmer sa présence active au sein des associations internationales telles que l’IAP (InterAcademy Partnership) et l’IANAS (InterAmerican Network of Academy of Sciences). Nous avons pu également renforcer nos liens avec la Royal Society d’Edimbourg avec laquelle nous avons organisé un symposium international qui a mené lieu à la publication d’un livre : Constitutional Politics and the Territorial Question in Canada and the United Kingdom, co-édité par Guy Laforest, MSRC. Des forums internationaux ont également été organisés entre autres avec la Société Royale de Londres et l’Académie des Sciences d’Israël. Nous avons participé à l’élaboration d’énoncés scientifiques du G7 au Japon et en Italie et du G20 en Allemagne. Enfin, nous avons été présents lors de commémorations importantes comme le 350è anniversaire de l’Académie des Sciences de France et le 150è anniversaire de la Société Royale de Nouvelle Zélande. Je crois fermement que les relations internationales constituent une force de la SRC et je suis assurée que celles-ci continueront d’évoluer au cours de la prochaine présidence.

Plusieurs de mes messages ont fait allusion à ma volonté de favoriser l’inclusion et la diversité au sein du membership de la SRC. La parité hommes-femmes est présente au niveau du Collège et les Académies 1 et 2 accueillent maintenant un nombre quasi-égal d’hommes et de femmes lors des nouvelles nominations. Bien que le nombre de femmes admises au sein de l’Académie des Sciences (Académie 3) ait légèrement augmenté, j’espère fermement que nos Membres institutionnels encourageront la nomination de femmes et de représentants de minorités au cours des prochaines années. Par ailleurs, nous avons pu mettre en place un questionnaire permettant de faire un inventaire de la diversité au sein de la SRC, ce qui constitue une étape importante dans la reconnaissance du bien-fondé de la représentation inclusive à la SRC. Il n’en demeure pas moins que la communauté autochtone continue d’être peu représentée à la SRC. Compte tenu de l’importante implication de l’un de nos anciens présidents, Duncan Campbell Scott, dans l’établissement des « pensionnats » autochtones, la SRC a un devoir tout particulier de réconciliation qui doit, entre autres, passer par la reconnaissance des peuples autochtones au sein de la SRC. Dans ce contexte, j’ai eu le plaisir et l’honneur d’accueillir l’an dernier, deux femmes autochtones exceptionnelles à titre de membres honorifiques de la Société Royale du Canada, soit Mmes Michèle Audette et Cindy Blackstock. Toutefois, ces nominations, toutes exceptionnelles soient-elles, ne suffisent pas. Reconnaissant ce devoir spécial de réconciliation, le Conseil a, au cours de sa dernière réunion, entériné la création d’un nouveau comité devant se pencher sur la bonification de la représentation autochtone à la SRC.

Deux ans sont bien courts pour tenter de réaliser un ensemble d’objectifs. Il importe encore de stabiliser les revenus de la SRC afin de pouvoir répondre aux diverses orientations qui seront présentées dans le prochain plan stratégique.  Dans mon énoncé de mission, j’avais souhaité renforcer la représentativité régionale de la SRC, un peu sur le modèle de la division Atlantique.  Le Collège l’a magnifiquement réalisé et je félicite sa présidente, Cynthia Milton, qui a accompli un travail remarquable à ce niveau et à bien d’autres ; le Collège est devenu un exemple de fonctionnement pour chacune des Académies de la SRC.

Je conclurai ce dernier message en souhaitant le meilleur des succès à notre –bientôt- nouveau président, Chad Gaffield. Après avoir été témoin de première ligne de la grande considération que le monde académique et gouvernemental lui voue, je suis assurée que notre grande association, la SRC, ne peut que continuer d’évoluer sous sa gouverne. Il pourra sans aucun doute compter sur l’appui de la nouvelle Conseillère Scientifique du Canada, Mona Nemer, MRSC, laquelle a consacré un nombre incalculable d’heures à siéger sur divers comités de la SRC. A tous deux, Mona et Chad, le plus grand des succès dans vos nouvelles fonctions !

Maryse Lassonde, O.C., C.Q., FRSC, FCAHS
Octobre 2017