Président de la SRC

Chad Gaffield - Président (2017-2019)

Chad Gaffield

Chères et chers collègues de la SRC,

J’espère que votre printemps fut florissant et que vous apprécierez tout autant l’été productif qui s’annonce.

Avant de vous transmettre le compte-rendu des activités récentes, permettez-moi de vous encourager à nouveau à soumettre des candidatures pour le poste de président(e) de la SRC et président(e) d’une des académies. Vous n’avez qu’à soumettre le nom de la/les personne(s) proposée(s). Comme vous le savez, il est attendu du/de la prochain(e) président(e) de la SRC qu’il/elle possède une expérience de leadership au sein d’une organisation semblable à la nôtre, particulièrement en ce qui concerne les objectifs de notre plan stratégique. Quant aux président(e)s d’académie, leurs responsabilités incluent la supervision du processus de sélection des nouveaux membres ainsi qu’une contribution active aux délibérations stratégiques et de gouvernance du Conseil. 

Comme vous le savez, le Comité des nominations, géré par la présidente sortante Maryse Lassonde, recevra les candidatures jusqu’au 15 juillet au plus tard. Les membres et membres du Collège seront invités à voter cet automne dans la perspective d’annoncer le résultat du scrutin lors de notre assemblée annuelle à Halifax, où les personnes élues entameront leur mandat en tant que président(e)-élu(e). 

En ce qui concerne les dernières avancées à la SRC, une autre année de candidatures et de sélections se termine en beauté grâce au travail acharné de plus d’une centaine de collègues qui ont examiné les dossiers. Je remercie également tous les proposants qui ont pris l’initiative de contribuer au renforcement de la SRC en soumettant des candidatures exceptionnelles pour le Collège et les académies. 

En prévision de la prochaine cohorte, nous mettrons prochainement en ligne un nouveau guide des nominations. Veuillez le faire circuler pour nous aider à élargir notre bassin de talents dans tous les domaines scientifiques, intellectuels et artistiques.  

En tant que notre principale démarche stratégique pour la mise en place de discussions éclairées et de débats politiques publics, l’initiative de la SRC relative au G7 a connu un franc succès, à en juger par l’engagement de nos partenaires, la participation aux événements et les commentaires émis au sein et au-delà du gouvernement. Intitulées « L’Arctique, la pérennité des communautés nordiques dans le contexte de systèmes océaniques en mutation » et « Notre avenir numérique et son impact sur la connaissance, l’économie et la main-d’œuvre », les deux déclarations finales des Académies des sciences du G7 ont été formellement remises à la ministre des Sciences, Kirsty Duncan, ainsi qu’au sherpa pour le sommet du G7 canadien, Peter Boehm, le 26 avril au Canada. 

Les autres Académies des sciences du G7 ont également transmis les déclarations à leurs autorités en préambule aux délibérations du Sommet politique tenu les 8 et 9 juin et aux réunions ministérielles qui se poursuivront cette année.

En outre, les déclarations ont dessiné un puissant cadre pour nos deux premiers Sommets de la Recherche du G7 sur notre avenir numérique et sur l’Arctique. En collaboration avec des partenaires provinciaux, fédéraux et internationaux, ces sommets ont rassemblé des experts de tout le Canada et du monde, de tous les domaines et secteurs, afin de partager leur savoir et leurs idées. 

Le premier sommet fut organisé le 26 avril à Ottawa en partenariat avec le Conseil national de recherches Canada et l’Institut canadien de recherches avancées (ICRA). Sous la direction de Marie D’Iorio, secrétaire aux affaires internationales de la SRC, et Catherine Middleton, membre du Collège de la SRC à la tête de l’équipe de rédaction de la déclaration sur le numérique, ce sommet a passé en revue les problématiques principales inhérentes aux transformations numériques s’opérant au sein de la société.

Dans la logique de la déclaration des Académies des sciences du G7, les intervenants ont évalué les défis politiques urgents tels que la manière dont les écarts d’accessibilité et les formes de polarisation accentuent la stratification entre « gagnants » et « perdants » parmi les secteurs économiques, les entreprises, les groupes sociaux et même les sociétés. Étant donné que les technologies numériques ouvrent la porte à de nouveaux secteurs se fondant sur l’apprentissage machine et l’intelligence artificielle, les résultats des études soulignent l’importance d’abaisser les barrières à la participation et à l’accès aux données, à l’éducation et aux outils de communication pour les citoyens du monde. 

De plus, ce Sommet de la Recherche du G7 a souligné le fait que le passage de la vie analogique à la vie numérique exigeait de nouveaux cadres éthiques aptes à répondre aux nouvelles questions fondamentales quant au rapprochement entre les technologies numériques et les valeurs humaines, aux conséquences des interactions humaines avec les machines intelligentes, et à la signification de l’innovation responsable. Les discussions ont porté sur l’urgente nécessité d’une coopération internationale dans les domaines clés de la sécurité, de l’accessibilité et de la règlementation en vue de garantir un avenir numérique inclusif, éthique et construit de manière démocratique. 

De même, un second Sommet de la Recherche du G7 fut organisé sur la pérennité de l’Arctique, autre thème du G7. Ce sommet fut tenu au Palais des congrès de Montréal, grâce à notre partenariat avec les Fonds de recherche du Québec, sous les auspices de Rémi Quirion, Scientifique en chef du Québec. Le programme du sommet fut élaboré en collaboration avec les quatre organismes subventionnaires fédéraux ainsi qu’avec le soutien de Jackie Dawson, membre du Collège de la SRC à la tête de l’équipe de rédaction de la déclaration sur l’Arctique, d’Ashlee Cunsolo, membre de l’équipe de rédaction, et de Jérémy McNeil, ancien secrétaire aux affaires étrangères de la SRC. 

La conférence d’ouverture prononcée par Natan Obed, Président d’ITK, a souligné l’importance fondamentale du savoir autochtone dans la compréhension des transformations actuelles et dans la construction d’une meilleure qualité de vie. De manière générale, le sommet a démontré la manière dont les changements climatiques en Arctique étaient précurseurs des transformations mondiales. Parmi les intervenants, nous comptions Mona Nemer, conseillère scientifique en chef du Canada, ainsi qu’Éric Wolff, un collègue de la Royal Society of London, une Académie des sciences du G7, qui fit l’analyse comparative des changements en Arctique et en Antarctique. 

Un des sujets de ce Sommet de la Recherche du G7 faisait écho à l’appel émis dans la déclaration pour une vision scientifique commune en vue de protéger et d’adapter ces écosystèmes vitaux du mieux possible tout en informant, aux niveau local et international, les prises de décisions fondées sur des preuves et les recherches scientifiques collaboratives pour soutenir l’élaboration de politiques.

En outre, les intervenants ont reconnu le besoin d’une collaboration internationale plus large intégrant le savoir des sciences naturelles, sociales et de la santé, du génie, des lettres et des sciences humaines et le savoir autochtone. À cette fin, la déclaration et le sommet ont tous deux souligné la nécessité d’adapter le développement des connaissances en incluant la recherche sur des enjeux scientifiques locaux et de développer des infrastructures de recherche circumpolaire. De même, une session impliquant des étudiants de cycle supérieur engagés dans des projets de recherche en Arctique a mis en avant le fait que la formation supérieure ne suivait pas l’évolution de la recherche, en particulier en ce qui a trait à l’intégration du savoir autochtone.

Le Sommet de la Recherche du G7 sur l’Arctique s’est terminé par une présentation captivante de la Gouverneure générale du Canada Julie Payette qui fit le lien entre son expérience d’observation de l’Arctique depuis l’espace et sa récente visite dans le Nord du Canada pour illustrer les possibles réponses aux défis mondiaux de notre époque grâce à la contribution d’une science engagée.

Le prochain sommet examinera le potentiel et la complexité du passage « Des données aux idées », dans le cadre de notre thème sur l’avenir numérique. En partenariat avec Statistique Canada, ce Sommet de la Recherche du G7 se tiendra les 24 et 25 septembre. Le programme sera prochainement disponible en ligne. 

Conjointement, les Sommets de la Recherche du G7 démontrent effectivement que la voie vers un avenir meilleur passe par un savoir accru et une compréhension de la profonde complexité de notre histoire et du présent. En distillant des idées et des preuves et en les synthétisant en défis majeurs, en recommandations et en principes d’action, cette initiative contribue activement au débat politique public. Les deux sommets ont fait salle comble, avec deux cents participants. Bien qu’il n’ait pu participer au sommet sur l’Arctique, le premier ministre Justin Trudeau a envoyé un message vidéo pour remercier chaleureusement la SRC pour cette initiative opportune des Académies des sciences du G7.

Parallèlement, les grands titres prouvent chaque jour que les sociétés du monde font face à de graves menaces à l’égard des prises de décision fondées sur des preuves. Les participants aux Sommets de la Recherche du G7 ont souvent fait référence à la déconnexion entre la science et la société de nos jours. Tandis que cette déconnexion est davantage prononcée dans certains territoires, personne n’a suggéré de continuer à effectuer une transition linéaire des preuves et idées prouvées scientifiquement aux politiques et pratiques efficaces. 

Dans ce contexte, nous devons davantage porter notre attention sur l’évolution des manières dont nous mobilisons les connaissances et engageons le débat dans la société. Heureusement, le groupe de travail sur l’intervention de la SRC, sous la direction de Pekka Sinervo, fournit un excellent point de départ pour la révision de nos approches ainsi que pour le développement de nouvelles façons d’endosser notre rôle consultatif sur des sujets tels que la pérennité de l’Arctique et les transformations numériques. Cette tâche sera entamée par le Comité sur l’intervention, présidé par Monica Heller, qui planifie son travail pour l’année prochaine. 

Pour conclure, permettez-moi de souligner que le travail concerté de mise en place de notre plan stratégique ne serait pas possible sans le talent et la détermination du secrétariat de la Maison Walter. Ce fut un grand privilège pour moi de travailler avec eux et je me réjouis à l’idée de me joindre à vous pour les remercier en personne lors de notre assemblée annuelle, intitulée « Célébrons l’excellence et l’engagement », qui se tiendra à Halifax du 15 au 18 novembre. Je vous souhaite le meilleur pour un été agréable et productif.

Assurément vôtre,
Chad Gaffield, OC, MSRC

juin 2018